The graphic designer and author, Philippe Buschinger was invited to present his new book during a lecture on February 2013. It was at the Centre Pompidou during the Book Machine project, an event of the fourth edition of the New festival 2013 Centre Pompidou and during which he shared his enthusiasm for the Blackletter, from its use to the reasons of its very frequent use in the contemporary urban landscape!

Un voyage épigraphique du coté du bien et du mal

Published by éditions Cadrat, Le gothique urbain, une crise d’identité(s) has for main subject the use of Blackletter (in French we use the word Gothique) in urban environment. This graph analyst of the city takes us through his book in a epigraphic journey next to good and evil, because mutability of Blackletter sign do switch us between good and evil, constantly. There is a signs war actually, in the current city. Indeed, between signs which go and those staying, a democratic incompetence reigns over the public area.

In attempting to mean everything due of its mass usage and in different contexts, Blackletter doesn’t mean anything anymore! The identity crisis of the Blackletter is detailed in the analysis to Buschinger. He offers an overview of the history, slightly opening the question of this semantic identity. He wonders on different ideological rifts which exist between Blackletter and Roman from Luther to Hitler. He provides unpublished sources, illuminates and nuance his thought around the instrumentalisation of Blackletter by the National Socialist Germany.

Un voyage épigraphique du coté du bien et du mal

His analysis is illustrated by photographs of european cities. These examples enrich his analysis with references from epigraphic forms respectively chosen as endogenous then exogenous. It is a dense and exciting plea with images that provide a lively and aware reading of our society. And, as the author says “the benefit of the book is that when you close it, everything calms down and all is asleep”. We publish an excerpt from the book, rather revealing in the context of the Antiqua-Fraktur dispute. As the book is in French we keep the quote intact, use this link for an automatic English version.

Les quatorze principes pour le caractère allemand que le Bund publiait dans un tract de 1934 faisaient déjà en leur temps étrangement écho aux thèses du tract Contre l’esprit anti-allemand de 1933. Ces quatorze principes se moulent à ce point dans l’idéologie nationale-socialiste qu’ils perdent même parfois toute spécificité professionnelle typographique, ils semblent être le pur produit d’une idéologie qui a réussi à prendre le pas sur tout. Les onzième, douzième et treizième principes sont particulièrement saisissants dans le nouveau contexte politique dans lequel ils s’inscrivent sans retard et prennent de ce fait une coloration ségrégationniste accrue par rapport au passé récent de la République de Weimar où les mêmes arguments étaient déjà couramment mis en avant par les membres du Bund:
— 11. Le caractère allemand est un rempart irremplaçable de la germanité partout où elle est menacée dans son existence. Abandonner le caractère allemand, c’est faciliter la tâche des oppresseurs dans leur domination des Allemands de l’étranger.
— 12. C’est pourquoi c’est un devoir d’honneur pour tout Allemand conscient de plaider la cause du caractère allemand à l’école, au travail et à la maison.
— 13. C’est pourquoi toi l’Allemand, tu n’utiliseras pour les mots allemands que le caractère allemand. Tes frères Allemands de l’étranger ont les yeux fixés sur toi et veillent à ce que toi qui es dans le Reich, tu ne les attaques pas dans le dos.
Dire cela pendant le Troisième Reich, c’est bien plus que reprendre pour la énième fois l’antienne nationale-allemande, c’est bien plutôt se retrouver à son tour acteur volontaire et porte-parole consentant de l’idéologie nationale-socialiste.

[…]

Les membres du Bund s’emploient en effet à racialiser le clivage typographique en assortissant à une photographie de tête blonde et brune respectivement un type de caractère typographique, en l’occurrence gothique et romain, et en assignant à chaque appariement ainsi constitué une justification péremptoire sous forme de légende dans laquelle les formes des têtes et celles des caractères typographiques se retrouvent arbitrairement associées. Ainsi, on peut lire sous la tête blonde la légende suivante, composée en Unger-Fraktur(!): “La constitution de la tête et la forme des lettres allemandes découlent de la même loi formelle”, et sous la tête brune, toujours en Unger-Fraktur: “Dans le caractère latin également, les formes pleines et rondes des lettres et les lignes molles et arrondies du visage de leur créateur se correspondent”. L’ineptie est totale et le processus de vampirisation du gothique et du romain à son comble.”L’ineptie est totale et le processus de vampirisation du gothique et du romain à son comble.”

Le gothique urbain, une crise d‘identité(s)

→ By Philippe Buschinger, published by Éditions Cadrat
→ Buy in France: Librairie du Centre culturel Suisse, Paris
→ 63 €. ISBN: 2-9700258-7-6. Language: french

Links

Blackletter: Type and National Identity by Peter Bain and Paul Shaw
Black Letter Primer by Paul Shaw
Blackletter typefaces
The meanings of type by Steven Heller in Eye